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09/12/2012

La production pornographique du moment

Bilbo la grosse bite et le saigneur des anaux.

28/07/2008

Mort du petit géant

Lisbonne, 1995 (1995 ?). Nous jouions depuis trois ans (depuis trois ans ?) dans certaines rues et les gares de la capitale lusitanienne. Un répertoire bien rodé, dont les feuilles mortes constituaient l'acmé. La grille harmonique désossée, nous avions même écrit quelques notes de notre jus, une enfilade de perles qu'une oreille avertie mais pas trop aurait pu croire improvisée. Les quelques escudos jetés à la va-vite avant intervention policière dans l'étui du sax nous donnait presque l'illusion d'être un artiste.

Lisbonne 1995, Johnny Griffin avec Horace Parlan au piano, Horace à la main polyomélite, Horace au toucher d'amour, Horace l'accompagnateur de génie. Johnny nous avait saupoudré la tête d'une version des feuilles mortes étirée à une vingtaine de minutes (une vingtaine de minutes ?). Ce type aurait pu souffler le nom d'un Coltrane hors des bouquins d'histoire du jazz. Il le savait, il s'en foutait, il jouait, encore, encore.

 Aujourd'hui, les feuilles s'envolent encore par les pavillons des amateurs des rues, mais Johnny Griffin n'est plus.

30/05/2008

La gentillesse même

http://blog-dominique.autie.intexte.net/blogs/index.php/a...

27/05/2008

De la nécessaire précision du champ lexical temporel

A une femme aimée (V2 pour les intimes de ce blog) qui, telle une mer devenue alzheimerienne à qui on aurait répété en vain que le cycle des marées suivait des règles précises, s'éloignait pour mieux revenir, nous écrivions ce jour (ce jour ?) un courriel:

"Bonsoir V2, l'essentiel se nomme sérénité. Vous revoir serait préjudiciable à la sérénité à laquelle nous aspirons. Avel mad."

V2 nous avait envoyé auparavant (auparavant ?) un SMS nous indiquant son souhait de nous revoir avant notre départ. "Vous revoir" et non pas "Vous revoir avant notre départ", avions-nous écrit.

Nous avions longuement hésité avant d'omettre cette précision temporelle (temporelle ?). Une omission qui nous avait causé une ignoble souffrance. Une omission au parfum d'irréversibilité (d'irréversibilité ?). Une omission d'homme.

Une omission qui offrait peut-être de tout autres perspectives.

 

 

14/05/2008

Amélie Poulain

Sur les pentes alpines de La Marmotte, nous vîmes une chute de peloton. Les casqués s'en tirèrent avec quelques fractures, les adeptes du vent dans les cheveux avec un aller simple pour le cimetière. Dès lors, l'équivalence vélo=casque faisait office d'ontologie.

Audrey Toutou et Matthieu Kassowitz ne portaient pas de casque pour la scène finale, une manière d'acmé orgasmique à cyclomoteur. L'auteur de ces lignes tient à fortement recommander le port du casque à tous les jeunes gens susceptibles de tomber amoureux.

12/05/2008

Beaux-pères et rémanence olfactive

Plus que les femmes dont nous avions traversé la vie, c'était bien leurs pères qui nous restaient. Du gauchiste bouffe-curé au sous-off à l'adolescence inachevée en passant par le prêtre forni-conservateur, sans oublier les professionels de l'Absence, tous avaient un dénominateur commun: la fuite.

Pour consommer l'art de la fuite au plus haut degré, ils faisaient usage d'un principe élémentaire: ils étaient vaporeux. Chaque amour avait donc son parfum, chaque sexe son effluve, elles portaient leurs pères dans leurs cheveux, le criaient par leurs vulves.

Tout ce qu'on possédait du prochain beau-père était sa stricte observance des cinq piliers et la paternité d'un fils élevé par son épouse mais conçu par une autre femme, fils qui, bien entendu, n'en sut rien pendant fort longtemps (fort longtemps ?), avant de sombrer dans l'enfer du jeu, selon l'expression consacrée.

L'Orient de ce nouveau parfum flottait en nous, même après avoir changé de vêtements, même après ne pas l'avoir vue pendant plusieurs jours (plusieurs jours ?), et surtout le soir, encore plus à l'aube. C'était comme une menace diffuse, l'appel de l'orage.

Fuir ?

 

 

 

23/03/2008

Les soixante-quatre ans de Pepe

Fendant les effluves glacées d'un samedi soir rétroprintanier, nous hâtions le pas vers l'école supérieure de musique, l'esprit plombé par quelque funeste pensée. Une fois les massives lèvres d'entrée ouvertes, nous pûmes monter le col menant à la caisse de soirée, celle où les places restantes attendent sagement leurs élus. Pour trente-six euros, on se rendait maître d'une chaise de premier rang au balcon.

A droite, un hidalgo aux ongles de la main droite acérés, à gauche un boucher bavarois et sa blondinette botoxisée de rigueur, nous voici au centre d'une bancale Trinité. Pepe Romero fait son entrée, attaque une fantaisie de Luis Milan, puis déroule une variation de Fernando Sor sur le thème de la flûte enchantée. La couperose du boucher s'étale en toute vanité, satisfaite de ses jeux: un coup à gauche, un à droite, roulements d'yeux, l'accent des chuchotements ne laisse aucun doute: un conducteur de BMW. Concentrons-nous sur l'hidalgo, les mains enfouies dans une chevelure plus abondante et bien plus noire que la notre, dans une prière extatique. Concentrons-nous, car arrive le gros morceau, la plus belle pièce, le filet aurait dit le voisin de gauche: Bach lui-même, arrangé et conduit par Pepe (BWV 104).

Après vingt minutes (vingt minutes ?) d'égalité de registre parfaite, d'absence de frotté quasi-absolue dans une virtuosité qui ne fut concurrencée que par les grincements de chaise à gauche, il fallait bien se résigner à un entracte. "Le filet ?" demanda Mademoiselle Botox au boucher, d'une voix qui pouvait enfin garder la tête haute après les regards de réprobation du type de droite, celui qui n'a même pas sa blonde en laisse. La voisine de l'hidalgo (la voisine de notre voisin pour ceux qui auraient du mal à suivre) nous demande si c'est l'entracte, car les "Espagnols ne font pas d'entracte". On lui réplique que Pepe n'est plus vraiment espagnol, car il réside en Californie depuis fort longtemps (fort longtemps ?). Emerveillée par tant de savoir, elle profie de l'aubaine: "c'était quoi ce qu'on vient d'entendre ?"... Bach ?, ach so...

...

Deuxième partie sans Brouwer que l'on attendait pourtant au tournant, mais avec quelques accents flamenco pour conclure une soirée où Pepe remercia la fille de son luthier bavarois qui lui avait prêté sa guitare pour le concert (mais à condition qu'il la lui rende, lui avait dit la gamine de cinq ans), reçut des bouquets de fleurs pour son anniversaire, et où le maître de cérémonie - un Bavarois à l'élégance discrète et à la colonne vertébrale plus proche du tuteur pour peuplier que de la colonne vertébrale - faillit commettre une gigantesque bévue en allant offrir un bouquet à la guest star alors que celle-ci attaquait une nouvelle pièce flamenca, emportée qu'elle était par la sobriété de ses soixante-quatre hivers (de bévue point ne fut, Pepe figea sa main puis adressa un amical sourire au "i" confus).

Il ne restait plus qu'à laisser nos envies de meurtres skoteinosiennes s'évaporer dans les cimes balconnées du grand auditorium et noter la morale de l'histoire:

Penser à prendre une burette d'huile avec soi dans les concerts classiques.

 

19/03/2008

Sacré Nico, il a bruni !

Allez, puisqu'il faut bien être de son temps (?), buzzons donc gaiement: Carla est enceinte de quatre semaines environ (quatre semaines environ ?).

18/03/2008

Carême

En n'y donnant aucune espèce d'attention, par mégarde en quelque sorte, on laissait depuis quelques jours la marée jazz monter.

Grenoble, Paris, Stockholm, Lisbonne ou Munich, les lieux sont identiques: des extravagants secouent leurs fronts dégarnis en déambulant entre les bacs à disques. Soudain, notre oreille se fraye un passage vers le baryton méconnu, celui à qui nos vingt ans ont érigé une stèle. On se précipite vers le vendeur - l'expert - on questionne, il marmonne un "Art Pepper" peu assuré, on sourit à la vue de la pochette brandie magistralement: vingt ans après (vingt ans après ?), on est toujours vivant. On décide donc de dédier une vingtaine d'euros supplémentaires au culte des solos poivrés, et l'on s'engouffre dans une station de U-Bahn après avoir laissé filer les dernières notes dans le froid de la Marienplatz.

Des talons de femme sonnent sur le quai, on les suit machinalement, porté par le swing, tout en escaladant les jambes du regard pour achever l'ascension au chef. Un bref coup d'oeil vers la vallée pour constater qu'entre temps (entre temps ?) une vingtaine de paires de jambes ont englouti le swing. On dévisage les chevilles une à une, ça ne change rien à l'affaire, si ce n'est la menace sourde dans la vingtaine de regards.

Il faut bien se rendre à l'évidence: le swing s'en est allé par un effet quantique, à l'orée du tunnel.

08/10/2007

Bravo

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Samedi 6 Octobre 2007 : il fallait y être.

05/10/2007

France - All Pink

C'est pourtant bien simple : il suffirait de changer les règles et de permettre au gagnant du tirage au sort d'imposer la couleur du maillot de l'équipe adverse.

Ainsi, Maso, qui n'est pas maso (ouarf !), imposerait le rose pour les maillots, shorts, et chaussettes des All Blacks avec liseré bleu ciel en option). On jouerait alors contre les All Pink. Ca serait top fun, bref, ça le ferait vraiment trop.

Ca permettrait en plus aux équipementiers de mettre en valeur leur savoir-faire en une semaine (en une semaine ?).

17/08/2007

Défunte polyrythmie

Ce doit être en 1994 (1994 ?), le premier A de A&A n'est pas encore né, et nous sommes dans un grand amphitéâtre en plein air au coeur de Lisbonne (parc de la fondation Gulbenkian, autant qu'il nous en souvienne).

 Max Roach a les cheveux blancs, on dirait le résultat d'une simulation de vieillissement par ordinateur opérée à partir d'une photo de pochette d'album des années 50 (des années 50 ?).

Il tape une fois sur un fût de sa batterie et demande au public d'en faire autant avec ses mains. Hésitations, quelques courageux tapent dans leurs mains. Max est content, il s'amuse, il tape deux coups, le public suit. Il tape trois coups, tout le public s'empaume d'aise. Il tape quatre fois, c'est sûr, nous sommes tous des batteurs de jazz.

La neige lui est tombée sur la tête, à Max ou quoi, préfigure-t-il une sorte de Star Academy avant-gardiste, faut-il qu'il n'ait plus rien à bouffer pour faire la pute comme ça ?

 De nouveau quatre coups, mais ce ne sont plus des noires, la syncope fait son entrée, au bord du swing, tout au bord. Max regarde les moutons, il est content de sa coupe claire.

 Quatre coups, mais une autre figure rythmique, la troupe est décimée.

Cinq-six coups, on ne sait plus très bien, on sent juste la goulée de swing descendre le long de l'échine. Une vingtaine d'idolâtres probablement tous inscrits au workshop du lendemain se sentent élus de Dieu.

Trois-quatre mesures, deux des énergumènes du premier rang ont les mains qui chauffent. Max rayonne, il les félicite à la sauce amerloque : "Jeez, man, loook at those guys, they're pretty fuckin swingin' !"

On se marre. Encore deux-trois mesures, et le vieux à la tête enneigé a terrassé sans péril quelques milliers de Blancs qui se voudraient au-dessus de la mêlée (et comme chacun sait, au-dessus de la mêlée, y'a personne, pas même les troisièmes lignes). Un soupir.

Son solo peut commencer. Il s'envole seul, bien seul, Max.

Il est mort, Max.

22/05/2007

La mort du Nobel

En 1992 (1992 ?), nous étions partie prenante d'un projet de recherche scientifique dans un laboratoire de science des matériaux à Lisbonne. Le nom de Pierre Gilles de Gennes était apparu au détour de la lecture d'un ouvrage que l'on consultait pour ce projet. L'expression "touche-à-tout" s'était brusquement (brusquement ?) séparé de ses nippes à poncifs journalistiques pour revêtir les atours de la réalité la plus brutale.

Le type qui portait se nom était apparu au détour d'un chemin de randonnée du fin fonds du Portugal. On avait (bien) bouffé ensemble au refuge. Il se marrait, le type.

11/05/2007

Election présidentielle

On n'avait bien lu tous les sondages et autres analyses, et on parvenait toujours à la même conclusion : nous n'appartenions à aucune catégorie identifiable, ce qui, en régime démocratique, est fâcheux.

Ce que nous attendions d'un futur président était pourtant fort simple : travailler moins pour gagner plus.

08/05/2007

Retour du pays du Rock Ford

Dernier dîner à Damas dans une de ces maisons anciennes recyclées en restaurant. La version anglaise de la carte suggère un "gordon bleu with Rock Ford cheese sauce".

Retour à Munich et à la TV. Apparemment, les Français aussi innovent, puisqu'ils ont élu un tandem de jeunes blondes à la tête de l'état.